Sur le Swordfish

Origines

Le Fairey Swordfish, surnommé Stringbag, fut le principal avion-torpilleur britannique de la Seconde Guerre mondiale. Bien que vésuste, il était solide et supportait parfaitement les conditions d'usage aéronavales. Il fut conçu par un ingénieur d'origine française, Marcel Lobelle, alors responsable de conception chez Fairey Ltd. L'appareil devait répondre aux exigences de reconnaissance armée, d'attaque en piqué, et de torpillage pour la Royal Navy. Le prototype sortit en 1934. La première escadrille embarquée fut formée l'année suivante, avant qu'il n'y ait menace de guerre. En 1939, il n'y avait tout simplement pas d'avion-torpilleur plus moderne disponible, et c'est ce qui explique que les pilotes britanniques sont entrés en guerre avec un appareil de conception démodée, même selon les standards technologiques d'avant-guerre.

Le produit

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Le Swordfish était un biplan classique a structure renforcée, du même acabit que de nombreux appareils européens des années 30. C'était un appareil à cockpit ouvert ou les équipiers étaient exposés aux éléments. Cependant, il était peu coûteux pour la Royal Navy. De surcroit, il avait un train d'atterrisage extrêmement solide, une bonne dérive de queue, et de très bons freins pour les manœuvres et appontages. Même si ces appontages n'étaient pas gracieux, rien ne cassait dans cet appareil. Le Swordfish était propulsé par un moteur radial Bristol Pesagus 3 qui avait le désavantage de boucher la vue du pilote durant l'appontage d'où une certaine adresse requise dans le pilotage de cet appareil. Avec un pilote expérimenté aux commandes, le Swordfish pouvait être manœuvré brusquement sans que son moteur cale. Lobelle avait conçu l'appareil pour qu'il tienne en l'air à 55 nœuds. Il était très stable en vol, et il ne partait jamais en vrille, même lorsque chargé de bombes ou de sa torpille. La structure ailaire biplane était très résistante et d'une solidité à toute épreuve à la base de son fuselage. Elle pouvait être repliée par le personnel du porte-avion pour un storage en soute.

L'hélice était à pas fixe, et il n'y avait pas de volets, la visée pour lancer la torpille était très simple et efficace. Il pouvait porter soit trois bombes de 500 lbs (tout comme le plus moderne des Douglas SBD) ou une torpille de 457mm de 1600 lbs. Sa charge explosive brisante de 1200 lbs pouvait couler un navire de 10,000 tonnes en quelques minute si elle était bien placée. Comme arme de défense, il n'était armé que d'une vieille mitrailleuse Lewis .303 datant de la Première Guerre mondiale située sur son arrière. Une mitrailleuse Vickers .303 était fixée à l'avant, mais un pilote expérimenté se fiait beaucoup plus à son habileté d'esquiver les coups que de se défendre avec des armes semblables.

Le Swordfish au combat

Le Swordfish a connu une carrière impressionnante au combat malgré sa lenteur et sa vétusté. Son premier coup de maitre fut l'attaque des navires italiens basés dans le port de Tarente en Novembre 1940 - une leçon observée et bien retenue par les Japonais un an plus tard! Son second fait d'armes fut d'estropier le cuirassé allemand Bismarck en le ralentissant, ce qui permit aux navires de la Royal Navy de le rattrapper et de l'achever. Basés sur Malte et sur la côte nord-africaine, ils jouèrent un rôle capital dans l'attaque des transports allemands vers Tripoli, ce qui diminua les capacités offensive de l'Afrika Korps. La vitesse en piqué de l'appareil était assez bonne - voire trop bonne.. Le pilote devait faire attention de ne pas dépasser les 200 nds, et il devait être très fort physiquement pour redresser un Swordfish dans une attaque en piqué. En remontant d'un piqué à la la bombe, l'appareil reprenait une vitesse de 90 nds à cause de la trainée produite par le train d'atterrisage fixe. Cette altération violente de la vitesse rendait la visée difficile pour tout artilleur anti-aérien. Mais n'empêche qu'il ne fait aucun doute que le Swordfish était une machine lente et très vulnérable, spécialement dans les attaques diurnes. Par contre, dans une attaque à la torpille, il était plus facile d'emploi, mais la trajectoire linéaire de l'appareil vers sa cible le rendait encore plus vulnérable aux tirs anti-aériens. Poursuivi par un Messerschmitt, le Swordfish pouvait tenter le diable en piquant sur une certaine distance et en redressant brusquement - souvent avec quatre mains! Le Me-109 qui essayait une pareille manœuvre en le suivant perdait une aile à coup sur, et quelques avions allemands furent perdus en suivant le Swordfish dans un piqué - notamment en Adriatique. N'empêche qu'idéalement, le Swordfish devait être escorté pour opérer dans une zone ou la maitrise locale du ciel n'était pas assurée.

Conclusion

Le Fairey Swordfish a été l'avion-torpilleur britannique le plus important de la Seconde Guerre mondiale. Malgré le fait que l'Angleterre s'est procuré des avions-torpilleurs aux USA, les Swordfish ont été utilisés jusqu'en 1945. C'est d'ailleurs remarquable qu'il a duré aussi longtemps.

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Ó Sites JPA, 2012