___Sur le Neuron

Le Neurone est un drone de combat expérimental semblable au X-45 et X-47 américains. Il reprend l'aérodynamique du bombardier américain B-2 et est fabriqué presque entièrement de matériaux composites. Il s'agit d'un effort de développement multinational, au même titre que le drone Talarion. Les objectifs recherchés par ce démonstrateurs sont d'effectuer des missions automatisées d'une durée de 95 minutes à 100 km de sa zone d'opération. Ensuite, réaliser une plate-forme furtive, tant dans le domaine de la signature radar que dans celle de la signature infrarouge; pouvoir tirer des armements (deux bombes laser de 250 kg ou, moins vraisemblablement, de bombes lisses dotées d'un kit AASMà partir d'une soute interne dans des délais très courts. À travers ces missions, l'objectif est également de démontrer la validité de technologies de commandement et de contrôle d'un véhicule sans pilote d'une taille équivalente à celle d'un avion de combat, en assurant la furtivité, le décollage et atterrissage automatique, et l'insertion dans le trafic aérien.le

haut niveau de sécurité requis.

La maquette du Neuron exposée au salon du Bourget

En 1999, Dassault Aviation lance sur fonds propres le programme LOGIDUC (LOGIque de Développement d'UCav). Le 18 Juillet 2000 après une année d'essais en soufflerie de ses formes aérodynamiques, une ébauche du "démonstrateur technologique d’avion de combat non piloté", le Petit Duc AVE-D (Aéronef de validation expérimental - Discrétion), effectue le premier vol d'un aéronef furtif en Europe. Il ne s'agit que d'un modèle de 2 mètres d'envergure et de 50 kg, qui ne vole qu'à basse vitesse et est guidée par radio. Sa furtivité est testée par des radars air-sol en septembre 2003. En juillet 2008, il effectue un vol totalement autonome, entraînant automatiquement roulage, alignement, décollage, évolutions en vol, atterrissage, freinage et roulage[2] Un nouveau prototype, le Petit Duc AVE-C (Aéronef de validation expérimental - Contrôle) passe ses essais en vol en mars 2003 et se distingue de son prédécesseur par la disparition de la double dérive en V au profit d'une voilure en flèche, en fait une aile volante. D'une masse de 500 kg, l'hybride Moyen Duc est l'étape suivante. Il reprend les formes de l'AVE-C plus la double dérive de l'AVE-D. Le programme LOGIDUC devait aboutir à un ultime prototype, le Grand Duc, qui deviendra en fait le démonstrateur pan-européen d'UCAV Neuron. Neuron est lancé par le ministre de la Défense français Michèle Alliot-Marie au cours du Salon du Bourget 2003. Sa maquette à l'échelle réduite est présentée au salon international de la défense terrestre, aéroterrestre et de sécurité Eurosatory 2004 où il prend le nom de nEUROn pour signifier, selon le ministre, qu'il est " d’emblée très ouvert à la coopération d’autres pays européens. La Suède et la Grèce se sont déjà engagés à y participer, et pourraient prochainement être rejoints par d’autres partenaires ayant manifesté un grand intérêt pour ce projet. " Pour Dassault Aviation, le programme est " un moyen de mettre en œuvre un processus innovateur en termes de gestion et d'organisation de programme de coopération européenne ", visant à éviter les dilutions de responsabilités (absence de maître d'œuvre) qu'ont connus depuis 30 ans les projets d'avions de combat européens MRCA (Panavia)) puis ACA (EF-2000) dont il n'était pas acteur. Selon l'avionneur, " pour être efficace, la gestion d'un programme de coopération doit se faire à travers un point unique de décision et un point unique d'exécution. " Pour arriver à cet objectif, la DGA a mené des négociations avec les représentants des différents gouvernements européens et ses industriels de la défense afin de finaliser les termes et conditions de leur participation à ce projet. Cette organisation devrait permettre de se conformer de manière stricte aux besoins du projet, en termes de performances, de budget et de planning. A ces fins, ce démonstrateur est le seul aéronef militaire à être entièrement conçu et développé sur un plateau virtuel de 300-350 personnes (500 selon certaines sources et 1 000 à terme), dans un environnement Product lifcycle manag ement(PLM) permettant aux six équipes partenaires de travailler simultanément en temps réel sur la même base de données informatique, quel que soit le lieu d’exécution des travaux, sur les bases de logiciels éprouvés, dont CATIA, développés par Dassault Systèmes.

Mais il semble, encore, que des divergences de vues bien européenne retardent encore le développement du projet. L'Angleterre qui, avec 654 millions d'euros annuels, est le principal contributeur à la R&T au sein de l'UE (mais pas toujours à destination de l'Europe), "après s’être orienté vers une coopération avec les États-Unis et l’Allemagne affiche des projets, mais n’a pas de programme", déclarait Charles Edelstenne, PDG de Dassault Aviation, lors de la conférence de presse pré-salon du Bourget 2005. Il était de notoriété publique depuis août 2000, selon des sources "proches des gouvernements français, allemands, suédois et anglais", que la Couronne " refusait à son industrie de coopérer sur le sujet de la furtivité avec des compagnies autres qu'américaines. Londre refuse en fait de froisser son endosseur américain… La Russie, qui s'était montrée intéressée à coopérer, vient tout juste de retirer ses billes (et son fric) de ce projet de drone européen.

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